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 Révolution Française  [ 1d ]
 

                     1788

 Convocation des États-Généraux

 

        Etats- Généraux de Paris,

               27 octobre 1614  

           Jean Alaux, dit le Romain

       peintre français (1786-1864)

               

             huile sur toile,   1841

             400  x  370 cm

               

          Musée national des 

 châteaux de Versailles et de Trianon

                MV 2274

Revenons plus en détail (cf. partie 1) sur le coup d'éclat très médiatisé du comte d''Antraigues (Emmanuel Henri Louis Alexandre de Launay, 1753-1812), qui représente bien cette nouvelle classe d'hommes prétendument ouvert aux idées révolutionnaires, alors qu'il demeure profondément conservateur et attaché viscéralement à ses privilèges.  Son Mémoire sur les Etats-généraux, leurs droits, et la manière de les convoquer (Avignon, 1788) est un succès phénoménal à l'époque, et tire, en effet, à boulets rouges contre la monarchie despotique, absolutiste : "Il est vrai que jamais la nation ne fut opprimée par un ministere plus odieux" (op. cité, p. 221-222). La plus grande partie de l'ouvrage revisite l'histoire de manière on ne peut plus idéologique où défilent les gesticulations des puissants et des peuples monolithiques, aux contours fantômatiques, sans aucune épaisseur : "Les premieres loix civiles de nos peres furent aussi simples que leurs mœurs. On y remarque leur respect pour la propriété, & la douceur des peines" (op. cité, page 56).  "Les loix saliques, ripuaires, bourguignones, furent destinées à différens peuples ; mais en général, leur empire étoit si doux, qu'il fut libre à chaque individu de choisir la loi sous laquelle il vouloit vivre & mourir" (op. cité, page 57). "En ces premiers siecles de gloire & de liberté, les français élisoient leurs rois, leurs ducs & leurs comtes" (p. 61). "La bonté fut toujours le partage de la force ; aussi nos ayeux étoient-ils terribles à la guerre, doux & hospitaliers dans leurs maisons." (p. 63), etc. etc.  Vient enfin le moment où notre comte révolutionnaire, qui avait déclaré que "le regne féodal fut le premier âge de notre servitude, & celui dont nous allons bientôt cesser de nous occuper" (op. cité, p 59-60)appelle avec ardeur la venue des Etats généraux, "la réunion de ce peuple juste, & aimant" (op. cité, p 225-226), "pour statuer en son nom, & d'après son vœu, sur tout ce qui intéresse la république" (op. cité, p 226), et, mieux encore, se tient prêt à "fléchir devant" les décrets de ses représentants, si ceux-ci "doivent nécessairement augmenter le fardeau de l'impôt, & nous priver encore d'une partie de notre propriété, ces cruels sacrifices exigés d'un peuple déjà accablé par ses besoins..." (op. cité, p 229) Et D'Antraigues l'affirme haut et clair : "Le tiers état est le peuple, & le peuple est la base de l'état ; il est l'état lui-même : les autres ordres ne sont que des divisions politiques tandis que le peuple est tout par la loi immuable de la nature, qui veut que tout lui soit subordonné, & que son salut soit la premiere loi de l'état & le motif qui les autorise toutes." (op. cité, p 246).  En conséquence de ce qui précède, l'auteur affirme : "Il faut donc que le nombre de ces députés égale au moins celui des deux autres ordres réunis, afin que l'intérêt public prédomine toujours dans une assemblée, qui cesseroit d'être nationale, si jamais l'intérêt de quelque ordre que ce soit, infirmoit ou annulloit la volonté du peuple" (op. cité, p 247).  

 

Après avoir ainsi secoué l'opinion publique, il fut "fut sollicité naturellement par le tiers état pour devenir député , tant à Paris que dans le Vivarais, aux premiers jours de 1789, mais il déclina cet honneur, craignant de passer bientôt pour un transfuge comme Mirabeau et Sieyès. D'ailleurs, ses idées révolutionnaires ne lui avaient pas fait perdre ses traditions de caste, et ce fut dans les rangs de la noblesse, aux côtés de Vogué, qu'il fut envoyé par le Vivarais aux Etats généraux. A la surprise générale, il devait bien vite se montrer le défenseur de l'ancien régime et se déclarer contre les fantaisies démagogiques du tiers état, reniant ainsi les principes révolutionnaires de son manifeste de 1788. Cette brusque volte-face exaspéra ses supporters de la veille. L'irritation de ceux-ci fut portée à son comble lorsqu'on  le vit s'abstenir prudemment de la discussion dans la fameuse nuit du 4 août où furent abolis les privilèges de la noblesse. Dès le mois de septembre, on ne trouva plus son nom parmi les orateurs de l'Assemblée."  (Pierre Sabatier, Le comte d'Antraigues : Un grand aventurier sous la Révolution et l'Empire,  La Nouvelle Revue des Deux Mondes, octobre 1973, pp. 74-89).  

On voit encore là à quel point les paroles des personnalités politiques doivent être soigneusement passées au crible de la réalité, des actions concrètes que réalisent ceux qui les ont prononcées, tant elles peuvent se distinguer les unes des autres et parfois s'opposer diamétralement.  

Le 5 juillet 1788, Loménie de Brienne doit se résoudre, au nom du roi, par un arrêté du conseil, de convoquer des Etats généraux et "S.M  invite en même temps tous les savants et personnes instruites de son royaume et particulièrement ceux qui composent l'académie des inscriptions et belles lettres de la bonne ville de Paris, à adresser à M. le garde des sceaux tous les renseignements et mémoires sur les objets contenus au présent arrêt"  

 

"Recueil général des anciennes lois françaises, depuis l'an 420 jusqu'à la Révolution de 1789", tome 28, 1827, par les avocats Athanase Jean-Léger Jourdan, Nicolas Decrusy et François-André Isambert, 29 tomes de 1821 à 1833. 

 

Dès ce moment, une effervescence nouvelle s'empare de la classe intellectuelle, et en novembre sont rouverts les clubs et autres associations subventionnées que le premier ministre Breteuil avait fermés le 19 aout 1787, au prétexte que "les Français devenaient Anglais dans ces sortes de conventicules et s'y communiquaient la licence des principes républicains."  (Auguste Geffroy, "Gustave III et la cour de France | Suivi d'une étude critique sur Marie-Antoinette et Louis XVI apocryphes..." Tome second, Paris, Didier et Cie, 1867,  p. 474, Archives de Dresde correspondance de France, 20 novembre 1788).  Au sein de clubs, de cafés, de sociétés anciennes ou nouvelles, de loges maçonniques, qui rassemblent des gens d'horizons différents mais réunis par un esprit rationnel et fraternel, on discute, lit, commente les revues et les gazettes :  Ephémérides du Citoyen (1765-1772), Gazette de Leyde (1677-1811), Mercure de France (1672-1965), le Journal de Paris (1777-1840), etc.

Paris comptait de nombreux clubs (dont les personnages principaux cités seront présentés au fur et à mesure de l'exposé), énumérons de manière succincte  : 

- La Société (ou Comité) des Trente, fondé par le libéral Adrien Jean-François Du Port, réunissant des hommes du gratin du Tiers-Etat (le haut tiers), de la noblesse libérale et des grands prélats : Volney, le duc de la Rochefoucauld, les ducs d'Aiguillon, d'Aumont et de Montmorency, Condorcet, Mirabeau, La Fayette, l'abbé Sieyès, Talleyrand (devenu évêque d'Autun), du Pont de Nemours, Le Peletier de Saint-Fargeau, les frères Lameth, le comte Roederer, l'avocat Duval d'Eprémesnil,  le banquier de Genève Etienne Clavière, Saint Just (qui fera partie du groupe des "47" députés de la noblesse qui rejoindront le tiers  le 25 juin 1789, après 149 députés du clergé), Destutt de Tracy, etc. 

- La Société gallo-américaine, fondée en 1787 par Nicolas Bergasse,  Brissot et Clavière.

La Société des Amis des Noirs.   

-  Le Club des Colons (de Saint Domingue, surtout), fondé par le banquier Kornman dont les riches membres payaient 96 livres de cotisation annuelle. On y trouvait La Fayette, Bergasse, Brissot, Antoine-Joseph Gorsas et Jean-Louis Carra, journalistes à la Révolution. 

- Le club chez Massé, restaurateur au Palais Royal, ou club "des enragés", selon l'expression de Louis XVI  (Correspondance de France, citée par Geffroy, op. cité)., qu'anime en particulier l'abbé Sieyès ou le duc d'Orléans et qui sera augmenté  d'un autre club du même genre, Le Salon, faute de place, installé près de la Comédie italienne, en 1782. 

- Le Salon ou Club des Arts (au palais-Royal, aussi) était huppé, avec une cotisation de 72 livres. On pouvait y croiser Bailly, qui sera maire de Paris, le baron d'Holbach  (Sagnac, 1910).  

- Le Club de Valois (au palais-Royal, toujours), ouvert en février 1789, présidé par le duc d'Orléans, était très couru par la noblesse libérale, à l'image de la Société des Trente.

 

On trouve des sociétés philanthropiques fondées sur l'assistanat laïc, comme celle de Strasbourg (1776), celle de Paris (1780), celle de Versailles  d'Orléans (1786), de Besançon (1788), etc., les Académies des Sciences, Arts et Lettres de Metz (1760), de Dijon (1725, où Rousseau est médaillé en 1750) ou d'Arras (1737), avec Robespierre (1783) ou Carnot. 

Les loges maçonniques, nombreuses à Paris, faisaient des conférences, des lectures, mais aussi des concerts. Voltaire aurait fait partie de la Loge des Neuf soeurs (1776), fréquentée par Benjamin Franklin, l'astronome de Lalande, madame Helvétius (qui avait son propre salon, très couru, Le cercle d'Auteuil), le botaniste Jussieu, le médecin Cabanis, etc.  Citons aussi La Loge du Grand Orient, des Amis réunis, de l'Amitié, du Contrat social, etc.  (Sagnac, 1910).   

Vers la fin de l'année 1788 commencent les manigances des classes privilégiées contre le peuple qui commence à donner de la voix, phénomène politique que nous connaissons, nous l'avons vu, depuis la plus haute antiquité. Des textes sont adressés à la partie privilégiée, bourgeoise, du Tiers et on ne s'étonnera guère d'y trouver les moyens de stigmatisation les plus anciens utilisés par les riches quand la colère populaire commence à gronder :  l'ignorance du peuple et sa violence naturelle (Baudens et Slimani, 2009). Il n'y a là rien de nouveau, bien sûr, nous avons vu à quel point le mépris social des riches envers les pauvres est grand dans de nombreux ouvrages économiques ou philosophiques, de France ou d'ailleurs. "Cours d'eau devenu incontrôlable qui sort de son lit et se mue en torrent qui détruit tout sur son passage", "impétuosité très patriotique de cette tourbe bruyante" (op. cité), les métaphores parlent d'elles-mêmes. Pour bon nombre de nantis, le peuple ne sait rien, n'a pas son mot à dire dans la conduite du pays, et ne connaît que la fureur et le désordre. Mais d'autres messages ont plus de pertinence et soulignent la récupération du peuple par les nobles et les robins, transformé en "jouet infortuné des ambitieux et des fanatiques, trop souvent leur dupe et leur victime..."  (Le pour et le contre, entretiens patriotiques de deux gentilshommes bretons,  1788, BNF, Collection : Les archives de la Révolution française ; 5.823, p. 89). 

"le masque tombant, ils demandent pour les futurs États généraux les formes de 1614 et détruisent maladroitement du même coup leur position intermédiaire, jadis si ardemment défendue, entre le roi et l'ensemble de ses peuples. Le parlement de Paris en fait le souhait le 23 septembre 1788 rejoint, on l'a vu, par son homologue breton quasiment un mois plus tard, sans parler des magistrats bisontins prônant le 27 janvier 1789 un plan conservateur privilégiant la noblesse à l'intérieur de leurs États"  (Baudens et Slimani, 2009). 

 

Mais le tiers état ne fut pas dupe de la manœuvre. Convoqués le 20 novembre, ses membres critiquèrent en particulier « la conservation des privilèges et la délibération par ordres "qui ne permettait pas d'espérer que les Etats ainsi constitués pussent opérer aucun bien ni supprimer aucun abus, lorsque l'un des ordres aurait intérêt à conserver cet abus"» (op. cité).  Ce n'est pas tout. Beaucoup de corporations feront remarquer que la très faible proportion de la noblesse dans la province était incompatible avec son poids politique et soulignerons la nécessité "d'obtenir dans les Etats une place conforme à sa prépondérance numérique." Le tiers adressera une supplique au roi pour lui demander cette mesure en même temps que le doublement du tiers.  Mais le plus inattendu est que le tiers a trouvé dans la noblesse elle-même (certes une infime fraction  dissidente et libérale) un brillant défenseur, André-Daniel Lafon de Ladébat, qui rejette la division de la société en trois ordres et défend le suffrage universel (Ladébat, Observations lues à Messieurs les représentants du Tiers-état de la ville de Bordeaux, 1788).  Il va même jusqu'à se présenter à la députation du tiers, ce qui lui sera refusé à cause de son appartenance à la noblesse.  

A l'automne 1788, on assiste à une multiplication des séditions dans la province de Bretagne, touchant avant tout aux subsistances. Dans les ports, on veut interdire les exportations de blé, sur les marchés on lutte contre l'accaparement des grains par les riches spéculateurs, à Nantes, Quimperlé, Port-Launay, Tréguier, Morlaix, Saint-Brieuc, etc.  (Sagnac, 1910).  Préfigurant les Cahiers de doléance, le peuple égrène ici et là ses griefs :  droits seigneuriaux, impôts, dîmes écrasant injustement le pauvre et épargnant le riche. On crie qu'il faut "écraser tous les bourgeois et les gentilshommes" (Baud, près de Pontivy, août 1788).  Il faut préciser que, du XVIIe siècle au milieu du XIXe siècle, les mouvements de subsistance sont presque constants non seulement en France mais aussi dans les autres pays européens.  Pour la période allant de 1661 à 1789, les historiens  Guy Lemarchand et Jean Nicolas ont comptabilisé plus de 1400 émeutes de subsistance, tandis que John Markoff en dénombre plus de 1200 sur une courte période,  de  1788 à 1793 (Bouton, 2000). 

Le 8 décembre 1788, le médecin Joseh-Ignace Guillotin (1738-1814), confrère de Jean-Paul Marat et initiateur tristement célèbre de la guillotine, signe une pétition sur la venue des Etats Généraux, et place tous ses espoirs dans l'Assemblée nationale, "la plus auguste, & la plus puissante qui fût jamais, pour le bonheur de tous, qui seul peut faire le bonheur de chacun." (Docteur Guillotin, "Pétition des citoyens domiciliés à Paris — Du 8 décembre 1788", chez Clouzier, imprimeur du roi, BNF Lb39 835, p. 2). Le futur député du tiers revendique le libre choix des représentants de la nation par les représentés eux-mêmes, choisis par tête et non par ordre, car la naissance, les charges, les places ou encore les dignités ne peuvent concéder des droits de représentation.  Il demande l'exclusion au processus électoral des hommes "non-domiciliés, ou qui ne sont pas d'une condition absolument libre, & que leur état met dans une dépendance servile d'autrui" (op. cité, p. 12), ce qui permet de noter l'ambiguïté, une fois de plus, des conceptions de la liberté d'un certain nombre de gens des classes aisées. L'auteur dénonce les abus qui font que "le Plébéien paieroit toujours, & par-tout, sans être presque jamais payé par personne ?" (op. cité, p. 18). On voit une fois encore, que les bourgeois patriotes du Tiers font très souvent parler d'une même voix le haut tiers et le tiers prolétaire, dont les conditions économiques sont pourtant très dissemblables. 

Depuis l'ouverture de la session des Etats de Bretagne le 29 décembre 1788, les députés du Tiers refusent de siéger tant que leur demande de doublement de leur effectif n'a pas été entendue. Les débats au Conseil du roi peinent à trancher la question, et le rapport de Necker, attaché au résultat du Conseil du 27 décembre 1788, illustre bien, avec des propos explicites, le sentiment qu'a la bourgeoisie, le haut-tiers, de sa force, du rôle de premier plan qu'elle entend jouer dans la conduite du pouvoir. Et on voit bien encore là qu'il s'agit d'une dispute entre puissants, entre riches ou aisés, pour une domination qui prend essentiellement sa source dans la puissance économique, argument massue désormais du parti patriotique, où se retrouvent nombre de libéraux contre le parti aristocratique des privilégiés de l'Ancien régime.  Et avant même que la Révolution ne produise tous ces effets, on mesure encore une fois à quel point les préoccupations du peuple ne sont pas du tout l'enjeu de la bataille que se livrent les camps de la ploutocratie. Pour la bourgeoisie, le Tiers Etat c'est avant tout le haut-tiers auquel elle fait partie, cette classe de citoyens plus ou moins riches qui commence à être sûr de sa force, consciente que son accession au pouvoir n'est plus qu'une question de temps. Écoutons l'argumentaire d'un de ses éminents représentants, le ministre Necker  :

 

"Les richesses mobilières et les emprunts du gouvernement...ont associé le Tiers État à la fortune publique ; les connaissances et les lumières sont devenues un patrimoine commun ; les préjugés se sont affaiblis. L'ancienne délibération par ordres ne pouvant être changée que par le concours des trois ordres et par l'approbation du Roi, le nombre des députés du Tiers État n'est jusque-là qu'un moyen de rassembler toutes les connaissances utiles au bien de l'État, et l'on ne peut contester que cette variété de connaissances appartient surtout à l'ordre du Tiers État, puisqu'il est une multitude d'affaires publiques dont lui seul a l'instruction, telles que les transactions du commerce intérieur et extérieur, l'état des manufactures, les moyens les plus propres à les encourager, le crédit public, l'intérêt et la circulation de l'argent, l'abus des perceptions, celui des privilèges, et tant d'autres parties dont lui seul a l'expérience...."  

Henri Carré, Philippe Sagnac et Ernest Lavisse, Histoire de France, tome IX, Le règne de Louis XVI (1744-1791), Paris, Hachette et Cie, 1910, Livre V de P. Sagnac, ch. 1, La guerre des classes.

En Bretagne, face à la fronde des députés du Tiers, le comte de Thiard, commandant militaire du roi pour la province suspend alors les séances jusqu'au 3 février 1789. Mais le 20 janvier, un nouvel arrêt royal favorise le tiers contre la noblesse, en relevant le nombre de députés d'un tiers du total des deux autres ordres.  Les patriotes n'abandonnent pas pour autant le combat, fort de plusieurs autres revendications, et proclament "infâmes et traîtres à la patrie ceux des membres du tiers qui auraient la hardiesse de braver les décisions sacrées du peuple, ou la bassesse de se laisser gagner, ou la faiblesse de se laisser surprendre…" (Assemblée Générale de MM. les Etudians en Droit et jeunes Citoyens de Bretagne réunis à Rennes, 18 janvier 1789).

Les décisions du Tiers rassemblé plus tôt en décembre se refléteront dans le cahier de doléances de la sénéchaussée de Rennes du 7 avril 1989, qui annonce clairement sa volonté d'assurer "aux citoyens, la liberté, la sûreté des personnes et l'égalité la plus parfaite de tous les individus devant la loi et l'impôt, devant le roi et tous les dépositaires de l'autorité" (article 10), "un pacte social de la nation française" (article 11),  la "suppression de la féodalité" (article 17), des privilèges et distinctions de la noblesse (article 48 et suivants), celle de "la traite des nègres, par les vaisseaux et navigateurs français, et de procurer la liberté aux esclaves de nos colonies" (article 44). Est affirmée  aussi "la liberté indéfinie de la presse". Etc. etc.  (Archives Parlementaires de 1787 à 1860, 1e série (1787-1799), tome V,  p. 81)

 

                   

                      BIBLIOGRAPHIE   

 

BAUDENS Stéphane ; SLIMANI Ahmed, 2009, "La Bretagne : un autre laboratoire juridique et politique de la révolution française (1788-1789)", Revue Française d'Histoire des Idées Politiques 2009/1 (N° 29), pages 95 à 147

https://www.cairn.info/revue-francaise-d-histoire-des-idees-politiques1-2009-1-page-95.htm#re22no22

SAGNAC Philippe, 1910, . "Les origines de la Révolution. La décomposition de l'Ancien régime (1788-mai 1789)". In: Revue d'histoire moderne et contemporaine, tome 14 N°2, 1910. pp. 153-177;

https://www.persee.fr/docAsPDF/rhmc_0996-2743_1910_num_14_2_4612.pdf

BOUTON Cynthia, 2000, Les mouvements de subsistance et le problème de l’économie morale sous l’ancien régime et la Révolution française, Annales historiques de la Révolution française, n°319, 2000.

https://journals.openedition.org/ahrf/104

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