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      ISRAËL,LE SIONISME
  La colonisation juive  de la Palestine
                                (VII)
                         Hashomer : 
Combattre “ la résistance indigène”

Timbre israélien de 2007 commémorant le mouvement Hashomer (cf. texte), où figurent des membres de la garde d'Yitzhak Nadav, un des chefs depuis Bar Giora, posant à cheval devant la ferme de Sejara : 

Yitzhak Nadav, Israel Giladi, Zvi Becker, Gad Avigdorov et Yosef Nachmani​.

 

  Très tôt dans la colonisation, nous l'avons vu, les colons sionistes créent et organisent des espèces de mini-Etats dans l'Etat, créant un embryon de marché, d'économie, des entités autonomes politiques, économiques, éducatives, hospitalières, etc., "les pratiques sionistes sur le terrain ne pouvaient être que ségrégationnistes et chauvines" (Khader, 1984).  Un tournant anti-arabe est pris pendant la seconde aliya, nous l'avons vu aussi, et, avec le témoignage évoqué d'al-Asali (cf. partie VII), nous touchons au domaine de l'armement des colons, qui remplacent les gardiens musulmans des communautés ou villages juifs par des gardiens juifs (cf. Kibush HaShmira, partie V).  Si ce choix est en partie motivé par des raisons de sécurité, face à des pillages (parfois meurtriers) auxquels se rendraient souvent complices les gardiens, d'autres raisons moins avouables sont à chercher du côté d'une vague d'immigrants d'Europe de l'Est rompus aux premières unités d'autodéfense populaire initiées dans leurs pays d'origine par le Bund et des sympathisants du Poalé-Tsiyone, pour lutter contre l'autocratie tsariste.  Désireux "d’affirmer sa combativité virile face à ceux qui traitaient les victimes des pogroms de pleutres" (Weinstock, 2011), un groupe de dix-huit immigrants de la deuxième vague constitue en septembre 1907 une garde juive élitiste et clandestine, à la tête de laquelle on trouve le Juif d'origine polonaise Israël Shochat (Yisrael Shohat, 1886-1962). Cette garde était appelée Bar-Giora (Bar Guiora), du nom du dernier résistant de Judée (Yehoud) à l'occupant romain, Siméon B.G.  Celle qui deviendra bientôt l'épouse d'Israël en mai 1908, Mania / Manya Vilboshvitz (Wilbuszewicz, Vilbusevich, 1880-1961), d'origine russe, tient un rôle important dans les premières organisations collectives et d'auto-défense des premiers colons juifs en Palestine. Elle est la principale initiatrice de la première ferme collective organisée en coopérative, fondée en 1907 à al-Shajara (Sejera, en hébreu : Ilaniya), sur des terres de Basse Galilée achetées par Edmond de Rothschild (M. Shohat, Darki Be'Hashomer ("Mon chemin vers Hashomer"), dans Sefer Hashomer; Divrei Chaverim, édité et publié par Yitzhak Ben-Zvi, Israel Schochat, Mati Meged et Yochanan Taversky, Tel Aviv, Dvir, 1957).

 

En 1909, Mania participe avec son futur mari à la fondation d'une structure de défense paramilitaire, formée de gardiens juifs, pour la protection des colonies.  Celle-ci, un peu plus étoffée que Bar-Giora, est appelée  Hashomer (Hachomer, השומר : "le Garde", "le Gardien"). Fondée dans la colonie de Mas-ha (Mes' ha, Masha, Maska, 1901, puis Kfar Tabor, en 1903), en Galilée, le 12 avril 1909, elle accueillera en particulier dans ses rangs Ben Gourion (cf. Mania Wilbushewitch Shochat, article de Tamar Kaplan Appel, dans The Shalvi/Hyman Encyclopedia of Jewish Women). Elle sera active au sein du Gdud Haavoda (Gdoud H, (גדוד העבודה, "Bataillon du Travail"), fondé en 1920 en hommage à Joseph Trumpeldor (cf. partie IX), mais aussi de Poale Zion et de l'Histadrout (cf. partie IX), Mania Shohat (Manya S.) occupera un rôle important dans la contrebande d'armes mais aussi dans les réseaux d'immigration ou la récolte de fonds pour la défense des communautés juives, auprès de riches mécènes américains, grâce à des réseaux de la Hadassah (cf. partie II) ou ceux de Louis Brandeis (cf. partie III), en particulier  (Chazan, 2005).  Ainsi le "Kibush HaShmira a créé des espaces proto-étatiques à travers lesquels les relations foncières et de travail entre colons et les relations de travail séparées des relations entre colons et autochtones pouvaient fonctionner" (Jimmy Johnson, "Exclude and observe — the violence of settler sovereignty in Palestine”, article du 18 février 2016, du site d'information indépendant Mondoweiss). 

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Groupe armé d'autodéfense Bar-Guiora (puis Hashomer),  1er octobre 1917

De droite à gauche :  Moshe Givoni (Goldstein), Zvi Becker, Israel Shochat,  Eliyahu Eitan (premier garde de Sejera), et Ben Zion ( notice The National Library of Israel)

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Groupe  d'exilés russes d'un bataillon de travail (gdud haavoda),  dont Zvi Kuralnik-Almog (à qui on doit une collection de photographies), premier groupe de pionniers à avoir pavé la route Tibériade-Tzemach (Tsemah, ancienne Samakh, attribuée à l'Etat Juif en 1947 par l'ONU. 

 

Hashomer n'est pas encore, comme nous le verrons plus loin, une véritable force paramilitaire comme le sera la Haganah, mais déjà,  l'organisation "se montre prêt à en découdre, n’hésitant pas au besoin à se servir d’armes à feu et pas toujours dans une optique purement défensive. Les organisations foncières sionistes prennent l’habitude de faire appel à ses militants qui constituent des « groupes de conquête » pour occuper les terrains acquis en attendant l’installation sur les lieux des propriétaires définitifs".  Les groupes armés, mettaient sous pression les exploitants agricoles qui n'embauchaient pas assez de Juifs en raison du coût salarial beaucoup plus élevé que celui des non-Juifs. Les exploitants reprochaient aussi aux membres du Hachomer "de se montrer inutilement agressifs, voire violents, notamment envers la main-d’œuvre arabe : à Re’hovoth, on se plaint de leur « brutalité » et de leur « inhumanité » envers les villageois arabes auxquels il serait même arrivé de subir des coups de fouet." (Weinstock, 2011). Un délégué palestinien au Ve Congrès de l'Union mondiale des Poalé-Tsiyone (Vienne, 1920) exprimera son mépris et sa colère pour Hachomer, dont les gardiens sont toujours prêts à tirer quand "des Arabes qui souffrent, qui crèvent de faim et que nous exploitons s’aventurent nuitamment sur les plantations sur lesquelles ils travaillent à longueur de journée pour un salaire situé en dessous du minimum vital pour y dérober quelques raisins ou des feuilles de chou" (op. cité).   

"Montés sur leurs chevaux, les miliciens de l’Hashomer ont attaqué quelques colonies arabes pour punir les habitants qui avaient fait du mal aux Juifs, parfois en les battant, parfois en les exécutant. Dans un cas, une assemblée clandestine spéciale de membres de l’Hashomer décida d’éliminer un policier bédouin, Aref al-Arsan, qui avait aidé les Turcs et torturé des prisonniers juifs. Il a été abattu par l’Hashomer en juin 1916."  (Ronen Bergman, Rise and Kill First : The Secret History of Israel's Targeted Assassinations ["Lève-toi et tue le premier : L'histoire secrète des assassinats ciblés d'Israël"], John Murray, London, 2018 ).  

On voit donc, avec de plus en plus d'acuité, que le projet sioniste ne comporte rien qui puisse entraîner l'adhésion des natifs, puisque, petit à petit, il organise la communauté juive en proto-état de plus en plus autonome, totalement à l'écart des habitants arabes, totalement opposés à un avenir, un développement commun et se préparant d'avance à la confrontation inévitable qui ne manquera pas de se produire entre tous colonisateurs et colonisés, malgré tout le travail accompli par les pionniers, qui ne participe pas du tout du bien commun, nous avons commencé de le voir, mais répond à une volonté de construire une société juive autonome, à terme séparée et même, autant que possible, débarrassée de ses habitants arabes. Pour cette raison, la structure de l'habitat juif en Palestine (ce qui se poursuit plus que jamais aujourd'hui)  ne va cesser de se construire et de s'organiser à la hauteur de la domination juive sur le pays colonisé. 

En 1921, est fondé Nahalal, qui passe pour être le premier "moshav ovdim"* (litt. "colonie ouvrière" : coopérative agricole) établi par la colonisation sioniste.  Son plan est conçu par l'architecte Richard Kauffmann (1887-1958) et deviendra un modèle pour beaucoup de moshavim établis avant l'indépendance d'Israël.  Structuré de manière à ce qu'il puisse se défendre contre des ennemis extérieurs, son plan en cercle dispose de manière concentrique, du centre vers la périphérie, les éléments de la cité plus ou moins  essentiels et vulnérables, sans parler de sa conception panoptique, qui, là encore, facilite grandement la surveillance défensive de son environnement dans tous les sens, de manière efficace et rapide.

* dit aussi "moshav olim", מושב עולים, "colonie d'immigrants" et "moshav shitufi" ("colonie coopérative", structure proche du kibboutz. ​​

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moshav  de Nahalal, "Perspective", de R. Kauffmann, 1922, CZA

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Moshav de Nahalal, en Galilée,               vue aérienne

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 Afula (Afoula),  Galilée, appelée "capitale de la vallée de Jezreel"

     plan de R. Kauffmann  

 

              1925, CZA

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Moshav de Kfar Yehezkel,              Galilée (1921),

            vue aérienne

 

Le philosophe juif Martin Buber (1878-1965) rapporte ainsi une anecdote à propos de Max Nordau qui, ayant appris pour la première fois la présence en Palestine d'une population arabe, se serait précipité chez Herzl tout affolé pour lui confesser "«Je ne le savais pas ! Si cela est vrai, nous commettons une grave injustice ! »"  

"on a bien affaire à une population non autochtone aspirant à exercer une domination politique, au détriment et sans le consentement de la population locale, et qui, pour parvenir à ses fins, s’appuie sur l’autorité d’une puissance étrangère faisant office de métropole. En outre, la dernière garantit à la première la liberté d’immigration et la liberté d’acheter des terres, deux mesures auxquelles Ben Gourion, devenu le leader politique de la communauté juive en Palestine, a tenu comme à la prunelle de ses yeux, car le sort du Yichouv était suspendu à leur maintien." (Charbit, 2009) 

C'est donc en grande partie par le contexte colonisateur déjà décrit qu'il faut comprendre pourquoi douze gardiens juifs ont perdu la vie entre 1909 et 1914 (op. cité),  ou que deux hôtels de Jaffa, le Baruch et le Spector, appartenant à des Juifs immigrés de Russie, ont été attaqués sauvagement par des Arabes la veille de la fête de Pourim (Purim), le 16 mars 1908,  blessant plus ou moins grièvement treize Juifs, les assaillants ayant été semble-t-il excités par le kaïmakam de Jaffa, Asaf Bey, depuis un moment mal disposé envers les Juifs (The Reform Advocate [hebdomadaire juif de Chicago], 18 avril 1908, p. 269),  phénomène de violences encore très exceptionnel, comme le confirme Ruppin lui-même,  témoignant des relations "pacifiques" avec les Arabes  (Kedourie et Haim, 1982).  On peut contester ici l'usage fait par certains historiens, comme Weinstock, du terme "pogrom", pour désigner les différentes explosions de violences perpétrées à l'encontre des Juifs en Palestine, depuis le début de la colonisation sioniste. Rappelons que ce mot a commencé par désigner de très violentes manifestations de violence envers les Juifs en Russie ou ailleurs, pour des raisons gratuitement antisémites, donc racistes, alors que les communautés attaquées n'étaient coupables de rien.  Ce n'est pas du tout le cas ici, qui voit le début de violences extrêmes survenir après trois dizaines d'années de développement du colonialisme sioniste, et alors que les Arabes ont utilisé bon nombre de moyens pacifiques pendant tout ce temps pour manifester un refus catégorique de se voir coloniser par des étrangers, ce que nous avons clairement montré.  

Tout ceci n'empêche pas de faire état des frictions régulières entre les deux communautés, les Juifs subissant par exemple régulièrement des actes de stigmatisation de la part des musulmans, dont certains apprenaient à leurs enfants à leur lancer des pierres, la lapidation, plus ou moins grave, étant une pratique séculaire au Moyen-Orient, dont les chrétiens ont aussi fait les frais (Morris, 1999).  On ne doit cependant pas confondre les animosités ancestrales et archaïques, fruits de la domination ottomane en particulier, avec les tensions intercommunautaires apparues depuis les premières installations de colonies sionistes,  et de toutes ses conséquences, nous l'avons vu, qui ont impacté la vie des autochtones. Cette situation fera dire de manière prémonitoire au journaliste nationaliste Arif al-Arif (Aref al-Aref, né Arif Shehadeh, 1892-1973), dans les colonnes du Falastin en 1913,  que "si cet état de choses se poursuit […] les sionistes deviendront les maîtres de notre pays, village après village et ville après ville. Demain c’est Jérusalem tout entière qui sera vendue et ensuite la Palestine dans son intégralité."  (Weinstock, 2011).  

En  1914, Isa al-Isa a l'idée de publier, avec des commentaires, de juillet à août, l'ouvrage que Menahem Ussishkin avait fait paraître en 1904 en Russie (qu'il quittera en 1919 pour la Palestine), et qui avait pour titre Nasha programmaНаша программа : (программа максимумъ и минимумъ Р.С.Д.Р.П*) : "Notre Programme (programme maximum et minimum du RSDR)", pour éclairer, là encore, les ambitions sionistes : 

 

"Tous les vrais sionistes [...] considéraient le programme du premier congrès de Bâle [...] comme l'incarnation des désirs de la nation [al-umma], notamment dans sa première déclaration explicite, afin que le monde entier entende que nous luttons pour la création d’un gouvernement juif en Palestine.  En réalité, le courage moral dont le Congrès a fait preuve en proclamant les droits de la nation israélite [al-umma al-Isrāʼīlīya] de Palestine et le programme clair et manifeste qu'il a élaboré pour réaliser cet objectif [...] avait un effet miraculeux sur le peuple juif [ash-sha‘b al-yahūdī], et cela les a réveillés de leur profond sommeil.

(...)

Le sujet principal du programme du Congrès de Bâle est la création d'une patrie politique libre, indépendante pour le peuple israélite en Palestine [watan siyāsī ḥurr mustaqill li ash-sha‘b al-Isrāʼīlī fī Filastīn]. En conséquence, il en découle clairement que le seul objectif du mouvement sioniste est la création d’un Etat libre et politiquement indépendant pour les Juifs  de  Palestine et non la création d'un refuge ou d'un centre spirituel pour eux. La Palestine a été mentionnée et aucun autre pays n'a été évoqué parce que tous les efforts dirigés vers un pays autre que la Palestine ne sont en aucun cas une option pour le Sionisme." 

al-Brūghrām aṣ-Ṣahyūnī as-siyāsī ["Le Programme politique sioniste"],  Filasṭīn, 22 juillet et 25 juillet 1914, 338–342), cité par Beška, 2016

     * Rossiyskaya Sotsial-Demokraticheskaya Rabochaya Partiya (RSDRP) : 

          Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR)

« Dès ses débuts, le projet de colonisation suscita la résistance palestinienne . C’est pourquoi colonisation et stratégie militaires furent tôt entretissées, sans séparation envisageable. Cette interdépendance a conduit à la symbiose de la colonie militaire, les colonies juives étant conçues comme partie de la stratégie militaire juive. En dépit de toutes les dissensions existant entre les leaders et les organisations sionistes, qui conduisirent à de sérieuses querelles à propos de l’emplacement des colonies, l’occupation du territoire fut encouragée par les organes militaires du mouvement sioniste, depuis Hashomer et Hapalmach jusqu’à aujourd’hui. Les colons frontaliers étaient considérés comme des combattants de la nation. C’est pourquoi ils étaient entraînés par les organisations militaires : ils ne se bornaient pas à protéger et travailler la terre, ils combattaient la résistance indigène à leur expansion. » (Jamal, 2011).

 

 

                              BIBLIOGRAPHIE 

 

 

 

BEŠKA Emanuel, 2016, "From ambivalence to hostility: the Arabic Newspaper Filastin and Zionism, 1911–1914", Studia Orientalia Monographica, Volume 6., Institute of Oriental Studies of the Slovak Academy of Sciences, Bratislava, Slovak Academic Press.

 

CHAZAN Meir, 2005,  The efforts to revive Hashomer,  Journal of Modern Jewish Studies, Vol. 4, n°2, pp. 179-203.

CHARBIT Denis, 2009, Les sionismes au 20e siècle, entre contextes et contingences, Vingtième Siècle. Revue d'Histoire 2009/3 , n° 103, pp. 27-46.

https://www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2009-3-page-27.htm

JAMAL Amal, 2011, « Le sionisme et ses tragiques contradictions », article de la revue Cités, n° 47-48, pp. 83-113, Editions des Presses Universitaires de France (PUF).

KEDOURIE Elie et HAIM Sylvia G., 1982, Palestine and Israel in the 19th and 20th Centuries, Frank Cass, Londres.

KHADER Bichara, 1984, La notion de "colonisation" dans l'idéologie et la pratique sioniste, dans : Cahiers de la Méditerranée, n°29-30, 1, 1984. Israël et la Méditerranée. pp. 147-168.

https://www.persee.fr/doc/camed_0395-9317_1984_num_29_1_972

MORRIS Benny, 1999, Righteous Victims /A History of the Zionist-Arab Conflict, 1881-1999,  New-York, Random House USA inc. 

WEINSTOCK Nathan, 2011,  Terre Promise, trop promise, Genèse du conflit israélo-palestinien (1882-1948), Editions Odile Jacob. 

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