[respecter la casse : accents et majuscules]
nouveau !

Afrique noire PRÉCOLONIALE (IVa)
domination SOCIALE et esclavage
ÉTHIOPIE :
ROYAUME de DA'AMAT
vers - 800 à - 300
Reconstitution de la ville de Yaha (Yeha) à son apogée, au cours du premier millénaire avant notre ère (Deutsches Archäologisches Institut, DAI /The German Archaeological Institute)
Gravures rupestres avec bétail (chèvres, vaches, boeufs à grandes cornes...), de style arabo-éthiopien, Grotte de Laga Oda, massif du Tchertcher (cf. carte A) carte), Ethiopie, vers - 1200 à 300 (montage de styles différents, basé sur Červíček, 1971)
A
B
Da‘amat
ደዐመተ
Statue féminine assise
"reproduction en pierre d'un naos de procession" (Pirenne, 1989) ? Reposoir d'une statue de culte ? (cf. De Contenson, 1987), avec écriture sud-arabique sur le socle.
Addi-Galamo (A. Gelemo), Tigré, Ethiopie
vers - VIe -Ve siècle
Musée National d'Addis-Abeba, Ethiopie
Nous ne connaissons pas l'organisation sociale des ancêtres éthiopiens de la fin du IIe jusqu'au milieu du Ier millénaire avant notre ère et qui produisent différentes traditions de céramiques. Ils occupent le Golfe de Zula (Adoulis, céramique sahélienne), les montagnes autour d'Asmara en Erythrée (céramique du Hamasien), sur le plateau qui va de Senafe à Adigrat (céramique d'Agame) ou encore les collines qui courent de Hadwa à Aksoum (céramique du Tigré) : cf. carte A. Une tombe richement dotée, ou encore des signes de hiérarchie au niveau de la taille des peuplements nous suggèrent tout juste des signes de développement de formes d'inégalité et de statuts sociaux autour d'Asmara, mais l'organisation collective semble primer et les chefs, établis de manière temporaire. Cinq monolithes à Kaskasé (Keskese, cf. cartes), au centre de l'Erythrée, semblent, au contraire indiquer l'émergence du leadership d'un homme fort (Fattovitch, 2014).
Au milieu du premier millénaire avant notre ère, les sociétés semblent passer d'un seul coup à une société hautement hiérarchisée dans les régions montagneuses de Yeha (cf. cartes), où on a trouvé des tombes richement dotées et des bâtiments monumentaux exécutés dans un style sud-arabique. Des sculptures plus raffinées apparaissent, mais aussi des sceaux de terre cuite, pierre ou bronze, qui indiquent les formations d'entités politiques et administratives, ou encore des armes de bronze, de cuivre ou de fer sont utilisées par les élites (Anfray, 1963 ; Fattovich, 2009, 2014).
Le royaume de Saba (Shéba) dans l'actuel Etat du Yémen, à la fin du VIIIe siècle avait été dirigé par un prince conquérant, le grand mukarrib Karib'il Watar, fils de Dhamar‘alî, qui a étendu son hégémonie politique et culturelle, par la guerre et par alliances, sur l'ensemble des royaumes de l'Arabie du Sud, au Yémen, dont les plus importants étaient Hadramaout, Qtabân (Qatabân) et Awsân, très liés géographiquement et politiquement, et Ma'în (cf carte B). Saba était alors devenu le vecteur d'une culture dominatrice par sa langue, son panthéon religieux, son architecture et, alors que se développait le commerce des aromates, elle ambitionnait de contrôler le commerce caravanier très lucratif de l'encens et de la myrrhe destinés non seulement aux régions arabes, mais aussi à la Méditerranée et à la Mésopotamie (Arbach, 2010).
C'est l'historien juif Flavius Josèphe à la fin du premier siècle (Antiquités Judaïques), qui évoque le premier le fait que les Sabéens avaient franchi ce que les Romains appelaient Sinus arabicus (Golfe arabique) et les Grecs Ἐρυθρὰ Θάλασσα, Erythrà Thálassa, La Mer Rouge (d' ἐρυθρός , e̍rythrós, "rouge", en grec, d'où nous vient le mot Erythrée, où on place possiblement l'ancien pays de Pount (Punt, Phut), le pays de cocagne aux yeux des anciens Egyptiens). Passant probablement par le port de Zula (Adoulis), les Sabéens auraient étendu leur hégémonie sur le continent africain pour occuper une partie de ce qui deviendra l'Ethiopie (appellation d'origine grecque elle aussi, cf Au pays des Imazhigen, d'Elissa à Ptolémée), principalement dans la région du Tigré et du centre de l'Érythrée et régner à la fois sur le royaume de Saba, au Yémen, et sur un nouveau royaume éthiopien appelé Da'amat (D‘MT en écriture consonnantique, Da'mat, Daamat, Di'amat) au tournant du premier millénaire, qu'on ne doit pas confondre avec le royaume médiéval de Damot, occupant une aire plus au sud, entre la région d'Amhara et le lac Ziway, où se trouve la capitale éthiopienne actuelle, Addis-Abeba (cf. Bouanga, 2014). Cependant, nous allons voir que l'ensemble des recherches archéologiques et historiques brossent un portrait plus complexe de cette réalité socio-historique, qui rappelle un peu celui que les historiens avaient longtemps brossé à propos des Hyksos en Egypte (cf Afrique Noire, I, Antiquité), dépeints comme de grands conquérants asiatiques, alors qu'ils étaient en réalité des groupes immigrés de marchands, nous l'avons vu, devenus assez puissants pour s'emparer du pouvoir.
Saba : Un royaume de légende célèbre porte ce nom, dont la reine aurait rencontré le roi juif Salomon, au Xe siècle avant notre ère, cf. Bible, Ancien Testament, 1er Livre des Rois : 10, 1-13 ; 2e Livre des Chronique, IX : 1-12). La visite de la reine de Saba auprès du roi Salomon sera reprise par le Coran dans le chapitre de "La Vache", sourate XXVII.
Yémen : "Si le terme Yamanat apparaît au IVe siècle, son acception reste ambiguë et ne semble pas désigner l’actuel Yémen. Ce terme apparaît dans la titulature des souverains ḥimyarites dans la formule « roi de Saba’, dhû-Raydân, Ḥaḍramawt et Yamanat ». Yamanat, dans cette formule, désignerait une région du Yémen actuel plus que l’ensemble de l’Arabie du Sud. La même objection est valable pour le terme al-Yaman au cours de la période médiévale. Il reste tout un travail à faire pour définir ce qu´al-Yaman signifie aux époques données et dans le vocabulaire des historiographes des dynasties qui se sont suivies et ont régné en Arabie du Sud" (Klarić, 2008).
mukarrib : moukarrab, moukarrib, dérivé de la forme mkrb : "fédérateur".
"En Arabie, il semblerait que le mkrb soit un magistrat chargé de veiller au respect de règles communes à l'ensemble des tribus sudarabiques, concernant notamment la sécurité collective (sacralité des temples, sûreté des entrepôts, des marchés et des caravanes, etc.); ce serait la raison pour laquelle le titre de mkrb ne se trouve pas dans deux royaumes simultanément." (Robin et De Maigret, 1998). Au Daamat, le terme désignerait parfois un roi doublé d'un législateur.
Les inscriptions éthiopiennes rapportent aussi un autre titre de souveraineté, celui de mlk : "malik" : roi, en arabe (Kammerer, 1929 ; Robin et De Maigret, 1998).
Différents objets d'agriculture retrouvés dans des tombes de notables : sceaux en bronze probablement pour le marquage des bêtes, outils agricoles comme les faucilles, suggèrent que la propriété du bétail et le contrôle symbolique de l'agriculture étaient des marques importantes de l'autorité de ces dirigeants locaux (Fattovich, 2014).
De nombreux signes indiquent l'enrichissement de divers chefs assez conséquent pour leur permettre d'imposer leur pouvoir dans le centre érythréen et l'est et le centre du Tigré, qui adoptent le plus souvent divers traits de la culture sudarabique, notamment la langue sabéenne, par stratégie politique. Celle-ci permet sans doute à ces leaders d'instaurer une autorité institutionnelle, de faciliter les échanges multiculturels et de démontrer leur légitimité face aux autres forces politiques en présence (Fattovich, 2014).
Divers indices ont permis aux archéologues de comprendre qu'il ne s'agissait nullement d'une colonisation militaire des princes d'Arabie. Tout d'abord, il faut souligner l'absence "presque totale de mention de souverains sudarabiques" (Robin et De Maigret, 1998), qui, avec d'autres caractéristiques de la culture de Da'amat (Daamat, Damot), nous le verrons, exclut l'idée d'un pays sous le joug d'une puissance étrangère. Cependant, l'écriture utilisée à Da'amat, dite sud-arabique (sudarabique), provient bien de l'autre côté de la Mer Rouge et a indubitablement été importée par des immigrants sabéens. Les plus anciennes attestations de l'écriture sud-arabique datent de la fin du IIe millénaire avant notre ère, sur les bases de l'alphabet de 29 lettres inventé en Syrie et en Palestine vers le XIIIe siècle avant notre ère. Cette écriture se diffuse dès les Xe-IXe siècle, à peu près au même moment où fleurissent les écritures du Proche-Orient, en Phénicie et en Palestine, particulièrement (Arbach, 2010).
Les inscriptions trouvées dans le temple de Yeha, la capitale, mais aussi à Kaskasé, Matara, Addi-Gelemo, ou encore, Addi-Kaweh, Enda-Tcherqos et Seglamen (cf. cartes en exergue), nous révèlent les noms des plus anciens rois de l'époque pré-axoumite, des environs du Ve siècle : Waran Haywat, Radam, Rabah, Laman (W’rn Hywt, Rd'm, Rbh, Lmn), tous issus de l'onomastique sémitique d'Ethiopie, inconnus de la péninsule arabique, tout comme ceux d'un certain nombre de divinités : Naraw, Sadaqan, Saman, Raba, Shayan et Yafaam (Nrw, Sqdn, Smn, Rb, Syhn, Yfmt, en écriture sud-arabique) cotoyant des divinités sabéennes indiquées à la fin des inscriptions royales : Astar, Almaqah (Ilumquh, le dieu de la lune), Dhât-Himyam et Dhât-Baadan (Anfray, 1990) : c'est un des multiples témoignages, nous le verrons, d'une influence sabéenne touchant essentiellement les classes sociales supérieures de cette société.
Seglamen, Inscription du roi
Waran-Haywat, - Ve s, (Schneider, 1976).
D'autre part, "la mention de Saba' dans le titre de deux des trois fédérateurs de Da'mat suggère une union étroite avec Saba', sinon une tutelle de cette dernière" (op. cité), Cette double influence indigène et exogène est confirmée par l'ensemble des productions culturelles, qui désigne au moins deux groupes d'influence dans cette période pré-axoumite de l'Ethiopie. Autre élément typique absent de l'épigraphie sudarabique de la même époque, l'association du nom de l'épouse à celui du roi, qu'on trouve à différente reprise : là encore, on pense aux traditions nubiennes, où les reines nubiennes, les Candaces, sont parfois associées à leurs époux (cf. Le royaume de Méroé).
L'orientaliste néerlandais Abraham Johannes. Drewes (1927-2007) avait déjà noté (Drewes, 1962), que les inscriptions retrouvées au Tigré à l'époque de Karib'il Watar se divisaient en deux groupes, l'un d'écriture sabéenne classique, très minoritaire, et l'autre, d'une graphie plus fruste et des apports dialectaux, appartenant à la population autochtone du royaume de Da'amat, dont on n'est pas très sûr qu'elle soit à l'origine de la langue guèze (ge'ez), la langue classique de l'Ethiopie parlée plus tard à Axoum. C'est cette langue sudarabique mâtinée d'un certain nombre de structures inconnues en sabéen (Schneider, 1972), que l'on retrouve dans une trentaine de documents retrouvés dans le temple hypostyle de Yeha, le plus ancien monument connu de l'Ethiopie, daté du Ve siècle avant notre ère, sans doute l'ouvrage d'architectes du Jawf, dans le nord de l'Arabie. Certains chercheurs s'appuyant sur des inscriptions de Gobo Shela (Goboshela/ Haoulti-Melazo) ou de Yeha (Yeka), par exemple, mentionnant l'emploi d'architectes, de maçons, de tailleurs de pierre, de négociants sabéens, venus de Saba, principalement des grandes cités de Mâ'rib et de Sa'naa, la capitale, minimisent le nombre de Sabéens résidant sur le territoire éthiopien, ce qui conforterait l'idée d'une culture largement autochtone, avec des élites se réappropriant des éléments culturels sabéens pour des raisons politiques. Ainsi, beaucoup de chercheurs mettent l'accent sur l'ensemble des facteurs internes (contrôle des terres arables et des ressources minières) et externes (contrôle du commerce et des échanges) de développement des inégalités sociales (Fattovitch, 1990 ; Munro-Hay, 1991 ; Keall, 2004 ; Phillipson, 2009). Cependant, cette influence sud-arabique n'est pas du tout nouvelle dans la région, elle se serait développée depuis la fin du IIe millénaire (Fattovitch, 1992).
Les productions artistiques du Da'amat confirment tout à fait le métissage des cultures observé déjà par l'écriture. La chercheuse Jacqueline Pirenne, a particulièrement pointé du doigt les diverses influences qui ont traversé ce moment pré-aksoumite. Tout d'abord, l'art sabéen du Tigré présente différents types de monuments "inconnus au Yémen (naos de statue, grands autels à encens cylindriques) et qui sont plus beaux que ceux du Yémen; enfin, il s'y marque une influence méroïtique, absente au Yémen" (Pirenne, 1989).
Statue votive féminine
( déesse ?)
dite "Reine de Yeha"
pierre H. 140 cm
Hawelti, Tigré, Ethiopie
vers le Ve siècle av. notre ère
Musée National
d'Addis-Abeba, Ethiopie
Au cou large collier avec pectoral, aux poignets, quadruple bracelet torique, qui devait être recouvert de vrais bijoux précieux. Par ailleurs, anneaux et boucles d'oreilles ont été retrouvés sur le site.
Niche (naos) d'un trône
pierre
Haoulti (Hawelti, Hawulti, Hawllti)
vers le Ve siècle vant notre ère
Musée National
d'Addis-Abeba, Ethiopie
bas-relief d'un trône, probablement d'un mukarrib, avec frise de bouquetins (ibex), emblème comme le taureau (auquel les pieds du meuble font allusion) du dieu sabéen Almaqah. Les objets que tient en main le dignitaire ne sont pas clairement identifiés (éventail et massue ?), leur nom, Rafash, est indiqué sous leur forme consonnantique RFŠ, au-dessus de l'épouse : sa bien plus petite taille nous rappelle son infériorité sociale, si répandue dans la culture patriarcale.
Remarquez les formes plantureuses, comme celle de la "déesse" qui rappellent les Candaces méroïtiques (cf. Le Royaume de Méroé)
"Sphinx"
Addi Kramatən/ኣዲ ክራማተን, région d'Akkälä Guzay
autour du 1er millénaire avant notre ère
La statue est dédicacée à ḎT ḤMN, la déesse Dat Ḥimyam, une divinité féminine sabéenne associée au soleil, à la fertilité et aux rituels de procréation, qui était vénérée pendant la période de D‘MT
h. 24 x l. 16,5 cm
Musée National d'Asmara, Erythrée
Ruines du temple d'Almaqah (1)
Meqäber* Ga'ewa (auj. près de Wukro), Tigré, Ethiopie
VIIIe siècle avant notre ère
* መቓብር (Meq̈abr) : tombe, en tigréen
Ruines du temple d'Almaqah (2)
Autel à libations, qui s'écoulaient via la tête de taureau
env. VIIIe - VIe siècle avant notre ère
De même que les statues assises, un des plus anciens monuments de grande taille retrouvé au Tigré porte de multiples influences orientales. En effet, le temple d'Almaqah (Ilumquh) à Yeha (cf. reconstitution de la cité en exergue), datant du VIIe ou VIe siècle avant notre ère (Robin et De Maigret, 1998), a un aspect général proche de structures sud-arabiques, mais dont le plan ne se retrouverait dans aucun bâtiment du Yémen, affirmait Pirenne (op. cité). Ce n'est pas l'avis d'Alessandro de Maigret, qui rappelle que le temple de Nakrah (dieu Nkrh) qu'il a dégagé à Yathill (actuelle Barāqish), au Yémen, ressemble trait pour trait à celui de Yeha, à l'état de vestige aujourd'hui : "Presque tout y est comparable: le plan, les proportions, l'organisation intérieure, les propylées monumentaux, le système de couverture, l'appareil ou le type de pierre. Les différences sont, somme toute, relativement mineures : des chapelles plus nombreuses à Baraqish ; l'ajout d'un étage et des dimensions plus grandes à Yéha. A première vue, il paraît vraisemblable que le Grand Temple de Yéha suit fidèlement un modèle sudarabique" (Robin et De Maigret, 1998). Mais on pourrait y ajouter l'exemple du temple de Barran, à Mari, au Yémen, ou d'autres encore.
Temple de Yeha
Daamat, Tigré, Ethiopie,
VIIe-VIe siècle
L. 18.6 x l. 15 x H. 13 m,
Photo de Chester Higgins
Temple de Yeha
Reconstitution
(Japp et al., 2011)
Temple de Yeha
Reconstitution du portique
(Japp et al., 2011)
Temple de Nakrah
Yathill (auj. Barāqish), Yémen
(Japp et al., 2011)
Temple de Nakrah
Reconstitution
(De Maigret et Robin., 1993)
Comme le montre la reconstitution de Yeha, en exergue, le complexe monumental pré-axoumite de cette cité, qui devait être la capitale du royaume de DMT, "diffère considérablement de ses prototypes sud-arabiques, mais se perpétue dans l'architecture axoumite" (Schnelle, 2013). Résidence probable du souverain et des élites, il devait aussi abriter un complexe administratif (cf. Drieschner et al., 2023 ; Schnelle, 2013).
"Dix-sept ensembles de tombes taillées dans la roche, datant du premier millénaire avant notre ère et ayant peut-être appartenu aux souverains qui résidaient vraisemblablement au palais de Grat Bea’l Geubri, ont été fouillées (Fattovich, 1990). Ces puits verticaux mènent à une ou plusieurs chambres funéraires. Le mobilier funéraire de ces tombes comprenait une abondante céramique, des faucilles en alliage de cuivre, des sceaux zoomorphes, divers autres outils ainsi qu'un récipient en albâtre, témoignant du raffinement artistique et technologique de l'époque." ("The Cultural Heritage of Yeha", document UNESCO).
Yeha,
"palais" de Grat Be'al Gibri
(Beal Geubri)
vers - 800
pierres brutes maçonnées au mortier, pans et poutres de bois très dur (olea africana, cordia africana, Juniperus procera : cf.
Drieschner et al., 2023 ; Schnelle, 2013).
H. 27 x L 60 x 50 m
Reconstitution
de Mike Schnelle
Entre le IVe siècle avant et le Ie siècle après notre ère, s'écoule une période proto-axoumite dont on ne sait presque rien, faute de témoins archéologiques, sans que l'on en connaisse la raison. On sait que de petits états se forment en Erythrée et autour d'Aksoum, à Kidane Mehret, Medogue, Biete Giorgis (Beta Giyorgis), etc., et certains chercheurs avancent que la désintégration du Da'amat est la conséquence de celle du commerce sabéen, ajouté peut-être à un coup porté sur le commerce en Mer Rouge sous les Ptolémées d'Egypte, au IVe siècle avant notre ère (Woldeyohannes, 2015). Dans tous les cas, les traditions, la culture du Da'amat n''ont pas disparu puisqu'on les retrouve de différentes manières à la période axoumite : procédés de construction, symbolique religieuse, établissements axoumites installés sur des sites préaxoumites, écriture, etc., en même temps qu'apparaissent progressivement des traits radicalement différents qui indiquent la fermentation d'une nouvelle culture (Anfray, 1990).
BIBLIOGRAPHIE
ANFRAY Francis, 1963, "Une campagne de fouilles à Yeha (Février-Mars 1960)", Annales d’Ethiopie 5, 171-192.
ANFRAY Francis, 1990, "Les anciens Éthiopiens", Siècles d'histoire. Editions Armand Colin
ARBACH Mounir, 2010, "Aux origines de l’établissement des royaumes sudarabiques / Saba et les cités-États du Jawf aux VIIIe-VIe s. av. J.-C.", in Arabian Humanities, Revue internationale d'archéologie et de sciences sociales sur la péninsule Arabique, 16 | 2010.
https://journals.openedition.org/cy/1779#ftn1
BOUANGA Ayda, 2014, "Le royaume du Damot : enquête sur une puissance politique et économique de la Corne de l’Afrique(XIIIe siècle)", article des Annales d'Ethiopie, volume 29, pp. 27-58.
ČERVIČEK Pavel. 1971), "Rock painting of Laga Oda (Ethiopia)", Paideuma: Mitteilungen zur Kulturkunde, Bd. 17 (1971), pp. 121-136.
DE CONTENSON Henri, 1987, "La culture pré-axoumite", in Histoire Générale de l'Afrique, Encyclopédie de l'UNESCO, volumes de 1980 à 1999, vol. II, "Afrique ancienne", dir. Gamal Mokhtar, 1987, p. 373, 8
DE MAIGRET Alessandro et ROBIN Christian, 1993, "Le temple de Nakrah à Yathill (aujourd'hui Barāqish), Yémen. Résultats des deux premières campagnes de fouilles de la mission italienne", article de la revue Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 137-2 pp. 427-496
DRIESCHNER Martin, WILHELM Sigrid, PETRYNA Yuri, SCHNELLE Mike, GERLACH Iris, 2023, "Preliminary Structural Analysis for the Archaeological Reconstruction of the Ancient Palace Grat Be'al Gibri in Yeha, Ethiopia", article du Journal of Architectural Engineering Technology, Vol. 12/4 p. 337.
FATTOVITCH 1990, “Remarks on the Pre-Aksumite Period in Northern Ethiopia”. Journal of Ethiopian Studies, 23, pp. 1-31.
FATTOVITCH Rodolfo, 1992, “Lineamenti di storia dell’archeologia dell’Etiopia e della Somalia", Naples, Istituto universitario orientale (Annali dell’Istituto orientale, supplemento 71).
FATTOVITCH Rodolfo, , 2009, "Reconsidering Yeha, c. 800–400 BC", The African Archaeological Review 26, 275–290
FATTOVITCH Rodolfo, 2014, “The Architecture of Power in Tigray (Northern Ethiopia) and Eritrea in the 1st millennium BCE – 1st millennium CE" , Numéro spécial de la revue allemande de l'Antique Soudan (Der Antike Soudan), produite par la Société Archélogique de l'antique Soudan (Sudanarchäologische Gesellschaft), édité par Angelika Lohwasser et Pawel Wolf, Berlin.
JAPP Sarah, GERLACH Iris, HITGEN Holger & SCHNELLE Mike, 2011, "Yeha and Hawelti : cultural contacts between Sabaʾ and DʿMT — New research by the German Archaeological Institute in Ethiopia", article de Proceedings of the Seminar for Arabian Studies (Actes du Séminaire pour les Etudes Arabes, forum annuel), volume 41, Oxford, Archaeopress.
KAMMERER Albert, 1929, "Pétra et la Nabatène. L"Arabie Pétrée et les Arabes du Nord dans leurs rapports avec la Syrie et la Palestine jusqu"à l'Islam". Paris, 2 volumes, Paul Gauthier, 1929-1930.
KEALL Edward J. (2004). “Possible connections in antiquity between the Red Sea coast of Yernen and the Horn of Africa”, in : Lunde, P. and Porter, A. (eds.). "Trade and Travel in the Red Sea Region". Oxford Archaeopress., pp. 43-55.
KLARIĆ Tomislav, 2008, "Le Yémen au XVIIe siècle : territoire et identités", in Remmm (Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée), 121-122 | 2008, Yémen Territoires et Identités,
https://journals.openedition.org/remmm/4813
MUNRO-HAY Stuart Christopher, 1991, "Aksum: An African Civilization of Late Antiquity", Edimbourg (Edinburgh).
PHILLIPSON David Walter, 2009, “The first millennium BC in the Highlands of Northern Ethiopia and South-Central Eritrea : A Reassessment of Cultural and Political Development”. African Archaeological Review. 26 : 257-274.
PIRENNE Jacqueline, 1989, "Des Grecs à l'aurore de la culture monumentale sabéenne", in "L’Arabie préislamique et son environnement historique et culturel", Actes du Colloque de Strasbourg, 24-27 juin 1987, Édités par Toufic Fahd (Université des Sciences humaines de Strasbourg, Travaux du Centre de recherche sur le Proche-Orient et la Grèce antiques, 10), éditions EJ. Brill, Leiden.
ROBIN Christian et DE MAIGRET Alessandro, 1998, "Le Grand Temple de Yéha (Tigray, Éthiopie), après la première campagne de fouilles de la Mission française (1998)", in Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Comptes rendus des séances de l’année 1998, pp. 737-798.
https://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1998_num_142_3_15906
SCHNEIDER Roger, 1972, "Quelques remarques sur la langue des inscriptions en sudarabique d'Ethiopie", Comptes rendus du Groupe Linguistique d'Etudes Chamito-Sémitiques (GLECS) XVI, 1971-1972, p. 23 -25.
SCHNEIDER Roger, 1976, "Documents épigraphiques de l'Éthiopie - V." In : Annales d'Ethiopie. Volume 10, année 1976. pp. 81-93;
https://www.persee.fr/doc/ethio_0066-2127_1976_num_10_1_1162
SCHNELLE Mike, 2013, "Grat Beal Gebri - building history Analysis of a Monumental Building of the early 1st Millennium BC. Chr. In the Ethiopian Highlands", article de la revue Architectura vol. 43/2, pp. 89-112.
WOLDEYOHANNES Hiluf Berhe, 2015, "Aksoum (Ethiopia) : an inquiry into the state of documentation and preservation of the archaeological and heritage sites and monuments. Archaeology and Prehistory", Université Toulouse le Mirail - Toulouse II.
https://theses.hal.science/tel-01341824/preview/Woldeyohannes_Hiluf.pdf




















